Afterwork Audiens
L’intelligence artificielle : nouvel acteur de la culture ?

Audiens a organisé, lundi 13 novembre, son traditionnel afterwork sur l’intelligence artificielle, un thème d’actualité alors que le gouvernement a mandaté Cédric Villani pour piloter une mission visant à éclairer la mise en place d’une stratégie nationale. En présence de près de 200 professionnels de la culture et du numérique, Sandrine Cathelat, Directeur des études de l'Observatoire NetExplo, André Manoukian, auteur-compositeur et créateur de l’application iMuze, Benoît Raphael, Digital & Media Innovator, créateur de Flint, Eric Scherer, Directeur de l’Innovation et de la Prospective, Groupe France Télévisions, et Christophe Victor, Directeur Général des Echos, ont partagé leurs convictions et leurs expériences d’un sujet au cœur des problématiques des industries culturelles.

S’il est un secteur où le numérique a bouleversé les modèles économiques et la relation aux publics, c’est celui de la culture. Les invités de l’afterwork, témoins ou véritables acteurs du changement, ont démontré combien audiovisuel, musique ou presse ont su engager une réelle dynamique d’innovation pour mieux se réinventer.

Une analyse a été partagée par l’ensemble des intervenants : l’intelligence artificielle, que Sandrine Cathelat préfère appeler « intelligence numérique » ne saurait toutefois être aujourd’hui considérée comme faisant œuvre artistique. En effet, elle est fondée sur des algorithmes spécialisés et l’exploitation de données modélisés par l’homme, qui l’enferme dans un champ créatif extrêmement contraint.
Tout au plus un « artisan », engagé dans un geste répétitif, l’intelligence artificielle ne saurait adopter les lois de l’improvisation artistique.

Pour autant, tous sont unanimes pour reconnaître l’apport de l’intelligence artificielle aux industries culturelles, dans la presse notamment, où les robots sont d’ores et déjà capables de rédiger quelques articles, sur des bases néanmoins très simples et répétitives. Mais surtout d’améliorer le référencement, la recommandation, le recrutement pour, au final, fidéliser les lecteurs et renforcer l’audience et la diffusion payée. Christophe Victor évoque ainsi une amélioration, via ces outils, du taux de « clics » sur un article et de la performance d’inscription ou d’abonnement de l’ordre de 30%.
Recommandation des contenus selon l’analyse des comportements, amélioration du ciblage de la publicité sont également à l’œuvre au sein de France Télévisions. L’avenir pourtant s’inscrit, selon Eric Scherer, dans la reconnaissance vocale qui pourra organiser une interface entre le téléspectateur et l’information.

Mais s’il est une vertu que reconnaissent les témoins de la soirée à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies numériques, c’est bien celle d’un apprentissage optimisé, démultiplié par l’accès à l’information et au savoir. Il en va ainsi de l’univers musical, où les jeunes publics, pouvant accéder à des répertoires infinis, font preuve d’une culture supérieure aux générations précédant la révolution numérique.

Cet apprentissage est l’aboutissement d’une « expérience collaborative » entre la personne et l’intelligence artificielle, un principe au cœur des technologies portées par Flint, le robot créé par Benoît Raphaël. En « élevant » ce type de robot, qui n’est pas qu’affaire de programmes, « chaque humain se responsabilise ». Un rôle qui est aussi celui du citoyen de demain, face à la démultiplication de l’information.

Car la responsabilisation et l’éducation aux médias – l’esprit critique – deviennent essentielles alors que le phénomène des fake news n’en est qu’à ses débuts. La presse, à travers le numérique, doit devenir, selon Christophe Victor, un média d’analyse de l’information.
L’intelligence artificielle, à la source d’une diffusion exponentielle des fake news, sera aussi un outil au service de la vérité. Quand bien-même rien ne saurait remplacer le travail de fond des journalistes, pour reprendre les propos d’Eric Scherer.

Agitateur d’idées et fédérateur d’expertises : avec cet événement riche d’échanges, Audiens a témoigné de son engagement à accompagner les mutations des métiers culturels et de sa réelle proximité avec tous les acteurs du numérique au service de la création.

Revivre la soirée en visionnant le Facebook Live sur la page Facebook d’Audiens