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Nous accueillerons l’exposition du photographe Christian Ehrmann du 11 décembre 2019 au 24 janvier 2020.

Après plusieurs expositions en France, à La Rochelle, à Marans ou encore à Saint-Palais-sur-Mer, c’est à Vanves que Christian Ehrmann exposera à nouveau, avec son exposition « ça déchire n°10 ».


Politique, publicitaire ou citoyenne, étalant ses couleurs en format géant de 3m x 2m ou insérant modestement quelques lignes à l’angle d’un panneau, dans les couloirs du métro parisien ou place Gambetta à Saint-Pierre d’Oléron, l’affiche est partout autour de nous. Vouée au manque d’attention. Livrée à l’effeuillage. Condamnée à l’arrachage, puis à l’oubli. Entre son arrivée pimpante, fraîchement encollée et sa descente aux poubelles, l’affiche est malmenée. « Lacérée », nous dit Christian Ehrmann. 
Et ce sont ces lacérations qui, justement, ont un jour retenu son attention. Il s’est alors mis à en photographier les détails les plus parlants à ses yeux. Au fil des ans, il a amassé des photos à la pelle. Juste pour le plaisir. Pour le bonheur de les regarder. 

Un jour, il s’est décidé à en montrer quelques exemplaires à des amis. Ceux-ci l’ont vivement encouragé à s’ouvrir au public. Parce que c’est beau, réussi et original. Tout simplement. Parce que c’est un regard particulier sur des fragments de papiers déchirés. Ces lignes fracturées, ces couleurs affadies ou agressives, que tout le monde ignore, cicatrices pré-mortem, l’œil de Christian nous en restitue des fragments. Et leur offre une renaissance. Voire même une petite place au paradis des œuvres classées dans la catégorie dite artistique.

C’est avec un étonnement certain que Christian Ehrmann se retrouve dorénavant à exposer. « Je ne suis pas comme le photographe de métier. Je ne me déplace pas avec des appareils, des objectifs, de l’éclairage. Je prends les photos, depuis des années, à la volée, avec mon téléphone portable. » 
Sa démarche est née d’une impulsion spontanée, d’une réminiscence des œuvres si colorées de Nicolas de Staël. Elle est emprunte du plaisir pur de l’amateur « celui qui aime ». « Je ne connaissais pas du tout le maître incontesté de l’affiche lacérée, Jacques Villeglé et son œuvre considérable de toute une vie. » Christian n’a jamais pensé que cela puisse un jour intéresser d’autres personnes. Et pourtant ce sont bien les autres qui ont mis en lumière la valeur de son ouvrage. « Ça déchire !» est un carrefour de paradoxes : attirer l’attention sur ce que l’on ne regarde plus, fixer l’éphémère, insuffler la vie face à la destruction et percevoir l’esthétique là où chacun ne voit que détritus. De plus, il est particulièrement ironique de songer que ces micro détails nous sont restitués par l’œil d’un homme chez qui la vision défaille … Comme quoi, cette grâce, que nous appelons art ou création, peut toucher à tout-va, quand et qui elle veut… Vous, demain, peut-être ?